Will Hunting

Will Hunting

Will Hunting 3 étoiles

Un film de Gus Van Sant

Avec Robin Williams, Ben Affleck, Casey Affleck, Stellan Skarsgard, Cole Hauser, Matt Damon, Minnie Driver

Article de Samir Ardjoum


Il est toujours difficile de se pencher sur nos regrets les plus intimes. Toujours compliqué de ne pas se voiler la face. Facile de recourir à des subterfuges stylistiques, d’employer des mots pour dynamiter des maux éparpillées dans de tristes quotidiens, de braver l’interdit, d’être libre. Will est fier. Il utilise le « je » et se laisse happer par des jours sans lendemains. Il se contente parfois des « nous », ces ersatz du groupe alors que le « je » pourrait retranscrire la plus belle des beautés, celle d’être en parfaite harmonie avec soi-même. Avec le « moi » en somme. Je me sens bien, donc !

Will est intelligent. Plus que la normale. C’est un génie mais son tempérament d’écorché vif lui interdit toute envolée sociale. Alors, il se terre dans une maison délabrée, entourée de chiffres et de lettres. La nuit ne portant pas conseil, il erre avec ses potes de bar en bar, noyant ses regrets dans des verres à 1 dollar. Comme le hasard fait bien les choses, Will se retrouve embarquée dans une nouvelle quête, la plus importante, renaître.

L’histoire, on s’en souvient, fut écrite par Matt Damon et Ben Affleck, deux amis d’enfance qui sont devenus en une décennie des acteurs bankable. Derrière la caméra, le digne héritier de Nicolas Ray, celui qui traîne inlassablement sa thématique fétiche, les émois de l’adolescence. Gus van Sant se réapproprie ce scénario en lui retirant toutes les facilités que l’on peut souvent retrouver dans les drames psychologies. Point de cris, juste une certaine fureur de vivre filmée avec beaucoup d’humilité et de véracité. La scène où le psy (brillamment joué par Robin Williams) répète continuellement à Will qu’il n’est pas fautif est merveilleuse de justesse.

Plus la caméra de l'illuminé Gus van Sant flirte avec les embrouilles de la jeunesse, plus nous assistons à une filmographie qui se construit progressivement sous nos yeux ébahis par tant de recul et surtout par cette pellicule toujours iconoclaste et conquérante. Oui, je sens une certaine envolée lyrique dans les airs…

Fiche Film

Logo IEUFC