Si la gente politique a bel et bien pris ses quartiers, le cinéma, lui, continue cette semaine d’agiter éthiques et idéologies, dans le magnifique
Un millier d’années de bonnes prières, du cinéaste hong-kongais Wayne Wang. Écho sans doute au dépaysement auquel invitent les vacances, l’œuvre, pleine d’un humour mélancolique, confronte cultures, générations et idéologies dans le récit des retrouvailles entre un père et sa fille, installée depuis 12 ans aux Etats-Unis.
Wayne Wang est décidément le cinéaste de la semaine, avec la sortie de
La Princesse du Nébraska, qui raconte les quelques 24 heures qui précèdent l’avortement d’une jeune sino-américaine, Sasha. À nouveau centré sur les thèmes de l’exil et de la filiation,
La Princesse du Nébraska est néanmoins dépouillé de la réflexion sereine qui imprime
Un millier d’années de bonnes prières d’une sérénité enchanteresse, et davantage torturé par l’impossibilité de l’avenir.
Car il n’est sans doute pas d’été sans surprises, les studios Pixar accouchent cette semaine d’un de leurs plus beaux bébés, en la personne, ou plutôt le robot, de
Wall-E. Oublié sur terre par des humains exilés dans l’espace, le petit androïde est le héros rêveur d’une fable d’une rare poésie, récit de science-fiction digne des meilleures œuvres du genre cinématographique,
sur lesquelles revient d'ailleurs le Coin du Cinéphile.
Première œuvre du cinéaste Michel Kammoun,
Falafel livre, non sans optimisme pourtant, un portrait saisissant de la jeunesse libanaise, entre violence et désenchantement politique et social. Le Laboratoire saisit bien évidemment l’occasion pour
faire le point sur un cinéma libanais de plus en plus fécond.
Et, puisque certains l’aiment chaud, le cinéma le sera cette semaine, avec
Surveillance, thriller hanté par une misanthropie aussi haletante que sanglante, par Jennifer Lynch, dont la filiation n'est évidemment pas sans titiller
un Laboratoire bien curieux ; et la réédition de
Fleur secrète, échantillon de films SM produits par le studio japonais Nikkatsu au milieu des années 70, plein d’une joyeuse bouffonnerie érotique…